Les confessions de foi réformées


Dans les Eglises de la Réforme, les confessions de foi et les écrits de type confessionnel se présentaient de deux manières différentes et avaient une double signification.

Confessions de foi de l’Eglise ancienne
D’une part, le protestantisme, tant réformé que luthérien, a précieusement conservé les anciennes confessions de foi que sont le symbole des apôtres et le symbole de Nicée-Constantinople. Cela devait attester du fait que la Réforme ne cherchait pas à créer de nouvelles Eglises, mais à réformer l’Eglise fondée sur la base du témoignage des apôtres.
Les anciennes confessions de foi étaient l’expression de l’unité de l’Eglise. Le symbole des apôtres, confession de foi baptismale jusqu’alors, devint confession de foi de la communauté, dès son intégration dans la liturgie de Sainte Cène par Huldrych Zwingli au printemps 1525 et dans l’agenda liturgique par Heinrich Bullinger en 1532.

Nouvelles confessions de foi
D’autre part, de nouvelles confessions de foi virent le jour. Ces confessions étaient autant de témoignages et de manifestations du profil théologique des nouvelles Eglises protestantes. En faisait partie le « Synodus bernois » adopté en 1532, de même que plus tard la « Confession helvétique postérieure » de 1566, adoptée par toutes les Eglises réformées suisses. A leurs côtés on trouvait également le « catéchisme de Heidelberg », dont l’usage était obligatoire.
L’habitude de confesser la foi lors d’un baptême, avec les paroles du symbole des apôtres, était contraignante jusqu’au 19e siècle. De leur côté, lors de leur consécration, les pasteurs devaient s’engager et prêter serment sur la « Confession helvétique postérieure ».
Après de longues disputes théologiques et d’incessantes démêlées où la tension était perceptible, le Synode décida de renoncer à l’obligation d’une confession de foi. Cette décision fut précédée par une large consultation des paroisses. On en arriva à une réforme liturgique qui mit la confession de foi à la libre disposition des célébrants. Il devint licite d’utiliser d’autres confessions que le symbole des apôtres, mais aussi de renoncer à tout usage d’une quelconque confession de foi.

Une liberté de confession contestée
Jusqu’à aujourd’hui, la liberté de confession des Eglises réformées de Suisse est restée contestée. Pour les uns, elle est le signe par excellence de la pluralité de contenus possibles au sein de l’Eglise réformée. Elle garantit la liberté de foi et de conscience à l’intérieur même de l’Eglise. Pour les autres, une Eglise sans confession de foi ne saurait être Eglise, puisqu’elle ne s’engage à rien. Cependant, jusqu’à présent, tout essai de réintroduire le symbole des apôtres, ou toute autre confession de foi, à été voué à l’échec, probablement parce que personne ne voulait porter la responsabilité d’un nouveau schisme à l’intérieur de l’Eglise.
Par ailleurs, les textes écrits ne sont pas tout. Confesser sa foi par les actes importe plus qu’un document écrit, sans parler du fait qu’une véritable confession de foi ne saurait surgir qu’en toute liberté.
Selon la constitution des Eglises Berne-Jura-Soleure, le décret de la Réforme du 7 février 1528, les dix discours finaux de la dispute de Berne et le « Synodus bernois » de 1532 représentent non pas la base théologique, mais bien plutôt le fondement historique de ces Eglises.