L'Eau, droit humain et bien public

Beatrice Stäuber et Maude Barlow lors de la remise du certificat de Communauté bleue à la Maison de l'Eglise, siège de l'Eglise réformée à Berne

Les Communautés bleues en Suisse


Le 29 novembre 2014, le syndicat Syndicom devenait membre de la Communauté bleue. Avec ses quelque 40'000 membres, le grand syndicat du secteur de la communication fait sienne la question du droit à l'accès à l'eau et de l'utilisation durable de cette ressource précieuse. Avec effet immédiat, Syndicom renonce à utiliser des bouteilles d'eau dans ses locaux et offre à la place de l'eau du robinet. L'argent consacré jusqu'ici à l'achat d'eau en bouteilles est reversé à l'ONG Solidar Suisse qui réalise au Mozambique un projet d'amélioration de l'accès à l'eau potable et des équipements sanitaires. Parmi les autres "Communautés bleues", on mentionnera la paroisse évangélique réformée de Berne Saint-Jean, de même que la ville et l'université de Berne.


La Communauté bleue, un engagement pour le droit humain de l'accès à l'eau potable
Depuis 2013, le secteur ŒTN-Migration des Eglises réformées Berne-Jura-Soleure, en collaboration avec le "Conseil des canadiens", décerne le label «Communauté bleue». Des paroisses, communes, hautes écoles et autres institutions figurent parmi les communautés bleues; elles s'engagent pour que l'accès à l'eau soit reconnu comme droit humain et pour une utilisation durable de cette ressource précieuse. Elles veillent également à ce que l'approvisionnement en eau et son utilisation restent dans les mains des pouvoirs publics et soutiennent d'autres pays dans leur effort de mettre garantir à leurs résidents des services publics d'approvisionnement en eau opérationnels. Elles pratiquent à cette fin des échanges de savoir et d'expériences avec des partenaires en Suisse et à l'étranger.


Maude Barlow, ancienne conseillère auprès de l'ONU et militante pour les questions de l'eau, est à l'origine des communautés bleues. Conjointement avec le Conseil des canadiens, une organisation de la société civile pour la justice sociale et l'écologie, elle a lancé ce label pour protester contre les privatisations de l'eau. Dans l'intervalle, douze villes et communes du Canada sont devenues des communautés bleues.

 
Déclaration œcuménique de l'eau
Au tout début de la Décennie de l'ONU en faveur de l'accès à l'eau potable  (2005-2015) comme droit humain, des dirigeants d'Eglises du Brésil et de Suisse ont adopté une Déclaration oecuménique sur l'eau: elle demande que l'eau soit reconnue comme droit humain et bien public. Pour les Eglises, ce texte est à la fois un appel et un engagement à considérer l'eau comme source de vie et élément de spiritualité et à la respecter comme telle. Les Eglises se sont montrées précurseurs puisque cinq ans plus tard en 2010, l'eau était reconnue comme fondement de la communauté des peuples dans la Déclaration sur l'eau adoptée par l'ONU. Depuis cette date, il s'agit de continuer à se montrer précurseur en faveur de l'accès à l'eau comme droit humain. La demande croissante en eau, les questions d'accès, de distribution et de fournisseurs restent des enjeux du présent.


Engagement du réseau oecuménique de l'eau
C'est en consolidant le réseau des différents acteurs ecclésiaux impliqués que le réseau œcuménique de l'eau travaille à la mise en œuvre du droit de chaque être humain à accéder à l'eau. Par leur action relevant de la politique du développement et par des projets concrets, les œuvres liées à l'Eglise réformée interviennent également activement à cet objectif.

Autres liens
• Communauté bleue
• Année internationale de la coopération en faveur de l'eau 2013